mercredi 4 juin 2014

Notre Père

La dernière campagne électorale a une fois de plus montré la difficulté de débattre publiquement des questions de religion. Tout comme cette histoire des écoles juives qui refusent de se conformer à la loi sur l’enseignement privé, d’ailleurs. 
Dès qu’une polémique éclate au sujet de la religion, il flotte dans l’air un certain inconfort, d’aucun craignant d’être taxé de racisme ou d’intolérance s’il ose exprimer son opposition aux grands dessins de cette religion ou aux conséquences parfois dramatiques de ses dictats. Comme si sa nature lui conférait un caractère sacré, intouchable.
On ne peut faire l’économie de débats sur les religions, car elles sont d’abord et avant tout des systèmes de valeurs qui ont une influence déterminante sur la conduite de nombreux citoyens et le caractère de l’ensemble de la société.
Ainsi, il est sain de blasphémer à l’occasion, ne serait-ce que pour réaffirmer qu’il est permis de dénigrer le Dieu de quelqu’un d’autre. Comme il est sain de pouvoir nommer obscurantiste la volonté des écoles juives orthodoxes de refuser l’enseignement des sciences, notamment la théorie de l’évolution. 
Car si la religion ne peut être remise en question, qui parlera du droit des enfants de cette communauté à recevoir un enseignement fondé sur les faits et la rationalité ? Ou du droit d’une société de se construire en établissant des balises universelles minimales encadrant l’éducation des enfants ?
Il ne faut pas s’étonner de ce que les religions tentent de museler les esprits critiques. La docilité est une condition de leur emprise sur les ouailles. Chacun à sa place, sous l’autorité d’un Dieu dont la volonté est commodément interprétée par ses représentants, ici bas.
À preuve, le Notre Père, tiré de l’évangile selon Saint Matthieu, qui serait le texte le plus connu de la bible. Un texte lu et récité par des millions de fidèles chaque jour. Et que dit-il, ce texte ?
Voyons voir...

Notre Père
Notre Père qui es aux cieux, 
que ton nom soit sanctifié, 
que ton règne vienne, 
que ta volonté soit faite 
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons aussi 
à ceux qui nous ont offensés,
et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent : 
le règne la puissance et la gloire, 
Aux siècles des siècles.
Amen

Donc, nous sommes faibles et pécheurs, mais nous pouvons être sauvés par une entité extérieure pour peu que nous acceptions son autorité (lire : celle de ses représentants sur terre).
C’est tout le contraire des valeurs humanistes qui portent véritablement, elles, l’espoir d’un monde meilleur qui reste à construire. Ces valeurs qui ne peuvent être tues, mais doivent être portée haut et fort, même, et surtout, dans l’adversité et la controverse.